Voyage à Jingdezhen

Publié le par Léa et Thibaut

Vous l'attendiez tous avec impatience ... voici le récit de mon petit voyage à Jingdezhen (prononcez "djinededjène")... et c'est justement ce voyage qui m'a convaincu de continuer le blog ! Et oui, il s'en est passé des choses en 3 jours ! Juste pour situer géographiquement parlant : Jingdezhen se trouve plutôt au sud par rapport à Wuhan, à 5h30 de bus pour être précise, dans la région du Jiangxi.

Du mardi 27 mai au jeudi 29 mai 2008

Départ de la base vie le matin à 7h30. Nous sommes un groupe de 16 femmes et nous partons à bord d'un grand bus (environ 30 places). L'excitation se fait sentir ! On a vraiment l'impression de partir en voyage scolaire ... d'autant plus que les dames commencent à entonner des chants pour faire passer le temps. Encore mieux qu'une colonie de vacances ! Mais fatigant. L'ambiance est bonne, c'est ce qui compte après tout. Le début du voyage se passe sans encombres ... nous nous arrêtons à 11h30 pour déjeuner (oui les chinois mangent tôt) avant de repartir en direction de Yaoli, première étape du séjour.

Je m'endors dans le bus après notre pause-repas pendant que celui-ci continue à rouler vaillament sur les routes chinoises défoncées. Le chemin se corse alors que nous approchons de notre destination. Il faut dire que la route est minuscule et que la taille du bus n'est pas du tout adaptée. Et c'est sans compter leur état calamiteux (de la route ET du bus). Mais nous sommes en Chine, et il ne fallait pas s'attendre à un voyage tout confort. Nous ressentons chacun des trous de la chaussée, surtout sans amortisseurs ! Soudain à la sortie d'un virage en légère pente, un énorme trou déséquilibre le bus qui part dans le fossé. Tout le monde se met à hurler. Et là, toutes sortes de pensées me traversent l'esprit, notamment une : le bus va se renverser sur le côté et je vais m'exploser la tête contre la vitre. Il est hors de question que je meures en Chine ! Et je ne sais pas par quel miracle, mais après 2 coups de volants, le chauffeur réussit à faire remonter le bus sur la chaussée. Un as. Mon coeur bat à 100 à l'heure. Il faut croire que le petit arbre présent sur le bas côté nous a permis de ne pas complètement basculer. Et par chance, il n'y avait ni précipice, ni lac ou marécage sur le côté de la route comme c'est souvent le cas dans cette région. Le devant et le côté droit du bus sont bien cabossés. Tout le monde est sous le choc. Mais il faut repartir, en espérant que le moteur n'ait pas été touché. L'angoisse est générale.

Nous finissons néanmoins par arriver à Yaoli, tout petit village chinois perdu au milieu de la nature. Cet endroit féérique nous fait presque oublier notre frayeur. Il s'agit d'un village typique, entouré de collines verdoyantes au milieu desquelles des brumes semblent figer le temps.

Une petite rivière coule au pied du village. Des hommes et des femmes s'y baignent, y font la vaisselle et la lessive.












Nous avons l'impression d'avoir été transporté dans une autre époque. Nous traversons le village et l'extrême simplicité dans laquelle vivent ces gens me frappent.

Nous faisons quelque pas au milieu du potager du village parfaitement entretenu. Les habitants semblent complètement coupés de notre société de consommation.

La nuit tombant, nous cherchons un endroit pour dîner. Un petit restaurant nous accueille.
En fait nous avons plutôt l'impression d'être chez des gens ... et nous mangeons comme des princes !
Addition : 10€ pour 16 personnes dont 6 grandes bouteilles de bière ... un record.










Nous regagnons l'hôtel dans lequel nous devons passer la nuit. 1 nuit. Heureusement. Pourtant il s'agit d'un hôtel classé 4 étoiles.
4 étoiles par rapport aux maisons dans lesquelles vivent les habitants du village. Nous sommes choquées par la saleté des chambres.
Il y a d'énormes traces de vomi sur la moquette et le rideau de douche ne peut pas être tiré, collé sur lui-même par la moisissure.
Mais on fera avec. Après tout, ce qui compte vraiment, c'est d'avoir un toit, et un lit ! 
Nous nous attardons dans le hall de l'hôtel autour d'un verre de vin (pas vraiment pressées de regagner nos chambres) quand un énorme orage éclate.


Et d'un coup, plus d'électricité. J'avais presque oublié à quoi ressemblait le noir absolu !
Il est 22h, et la soirée se termine, contrainte est forcée. Nous regagnons nos chambres penaudes, une bougie dans la main.
Je partage ma chambre avec Christine qui patiente dans le noir pendant que je prends ma douche à la bougie. Dehors, la pluie redouble d'intensité.
Et dire que nous pensions pouvoir profiter d'un beau lever de soleil ...
Au réveil, surprise ! Il n'y a plus d'eau courante. Mais l'électricité est revenue ! Ah ben oui, on ne peut pas tout avoir à la fois !
Autant dire que toutes celles qui, la veille, n'avaient pas eu le courage de se laver s'en sont mordu les doigts. Ici on profite de ce qu'on a au moment où on l'a. Et comme le dit si bien notre dicton français : "ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le jour même".

Nous allons prendre notre petit déjeuner. Mon premier vrai petit-déjeuner chinois. Au menu : soupe de riz, nouilles dans un bouillon, haricots pimentés, petits pains au lait, café (était-ce du café?), thé, lait chaud, oeuf au plat, ... un festin ! Et bien figurez-vous que je me régale ! Certaines dames ne pouvant s'accoutumer à ce type de petit-déjeuner ont apporté du pain de mie, de la confiture et du nescafé ...

Pendant que nous petit-déjeunons, notre chauffeur va vérifier l'état du bus. Il pleut toujours et il nous faut refaire la même route que la veille en sens inverse. Personne n'est rassuré. Une dame refuse même catégoriquement d'y remonter. Elle nous abandonne et demande un taxi afin de repartir vers Jingdezhen. "Taxi" est un bien grand mot dans un lieu réculé comme Yaoli. C'est en fait une personne du village qui la conduira en voiture jusqu'à notre destination finale ... en suivant le bus !




Nous ne rencontrons aucun souci sur le trajet vers Jingdezhen. Il faut dire que nous faisons une moyenne de 25kms/heure, le risque est donc minime même si la route est toujours aussi défoncée.

Nous arrivons à l'hôtel à 11h du matin, un hôtel 3 étoiles, tout confort et propre ! Le bonheur !

Nous repartons immédiatement pour nous rendre à un premier marché de porcelaines et céramiques, la spécialité de Jingdezhen.
Et là je réalise que je ne suis pas du tout venue avec les mêmes objectifs que la grande majorité des autres dames. Elles sont venues acheter. Je suis venue visiter.
Heureusement il s'agit d'un séjour libre ! Il me faudra donc faire bande à part si je veux pouvoir un petit peu visiter la ville.

Je me rends néanmoins au premier marché. Il approvisionne en réalité toute la Chine. Nous sommes donc au tout début de la chaîne de vente ... l'occasion de négocier de très belles pièces à des prix imbatables. Mon goût du commerce reprend le dessus et je marchande quelques jolies porcelaines. Je m'amuse beaucoup d'autant plus que je peux enfin me servir de mes cours de chinois efficacement !

2h plus tard, nous repartons en bus vers le centre ville. Un deuxième marché nous attend. Mais, je décide de me séparer du groupe et je pars avec Aude me ballader dans les petites rues de la ville.

Nous visitons le musée de la Céramique qui se révèle très peu intéressant ... nous nous dirigeons ensuite vers la rue piétonne.

Une grande découverte m'y attend. Je ne sais plus si je vous avez dit que les cabinets dentaires avaient pignon sur rue. Je m'explique. Ils ressemblent à des boutiques, sauf qu'à l'intérieur il y a un fauteuil de dentiste et une personne en train de se faire soigner.
Vous pouvez admirer le spectacle à travers les baies vitrées qui donnent sur la rue.
Et bien figurez-vous que dans cette rue piétonne, nous avons trouvé un cabinet gynécologique qui fonctionne sur le même système, ou presque (sans la baie vitrée).
Nous sommes en fait tombées nez à nez, dans une petite ruelle, avec le dessin d'un utérus, celui d'une dame enceinte et plein d'explications en chinois. Bref pas besoin d'avoir fait 10 ans d'études pour comprendre la signification de tout cela.  Juste à côté une petite porte ouverte laisse entrevoir le fauteuil pour l'examen gynécologique ainsi qu'un docteur attendant une patiente ... surprenant, mais sans doute nécessaire dans un pays ou le contrôle des naissances est poussé à l'extrême. On ne peut pas s'empêcher de se poser des questions sur les conditions d'hygiène et sur la transmission d'éventuelles maladies. 

Nous poursuivons notre découverte de la ville avant de revenir vers le bus, 4h plus tard. Et nous revenons les mains vides. Les autres dames ont fait tellement d'achats qu'elles n'arrivent même plus à porter leurs paquets ... Nous profitons de la demie-heure qui nous reste pour aller acheter 2-3 pièces que nous avions repérées au début de notre promenade, des pécadilles en comparaison ! Le bus repart vers l'hôtel, plein à craquer.
Ca promet pour la route du retour ! Il ne faudrait pas qu'on reparte dans un fossé !
Alors que les autres dames partent dîner dans un hôtel, Aude et moi décidons une nouvelle fois de partir à l'aventure. Petit resto chinois, sans doute bien meilleur que l'hôtel sélectionné par les autres !

Le lendemain matin, le groupe se sépare.
10 dames repartent au premier marché où nous étions allées à la veille. Nous sommes 6 à partir visiter une bambouseraie.
Un superbe endroit.
Au milieu d'une forêt de bambou, de petits pavillons chinois abritent des céramiques d'anciennes dynasties chinoises.

 














Il y a également des potiers à l'oeuvre, dévoilant leur savoir-faire. Là nous avons droit à une petite scène assez drôle. Moyennant quelques RMBI (monnaie chinoise), les potiers acceptent que les visiteurs mettent la main à la pâte. Ils les aident en fait à faire un pot en terre. Une chinoise en petite robe blanche et talons hauts est assise, cuisses écartées afin de réaliser une poterie. Face à elle, le potier l'aide tant bien que mal. Debout, le mari observe tout cela. La chinoise, pas gênée pour un sou, fait profiter tout le monde du spectacle de sa petite culotte. Il parait qu'en Chine, montrer le bas n'est pas bien grave. D'ailleurs les toilettes pour femmes n'ont pas de porte pour la plupart. Par contre, mettre un décolleté est nettement plus osé ! Une différence culturelle de plus.

Mais revenons-en à la bambouseraie. Les pavillons sont ornés de sculptures en bois extrêmement fines, représentant des scènes de la vie chinoise d'autrefois. Nous avons également le priviliège d'admirer 2 énormes anciens fours à céramique, de la taille d'un hangar ! 

1h30 plus tard, nous partons rejoindre les autres dames au premier marché. Il est temps de repartir à Wuhan ! 12h30, le bus démarre ... nous arrivons à la base vie à 18h. Et la plupart des maris sont là pour accueillir ces dames et remplir le coffre de leur voiture !

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Publié dans Juin 2008

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