Cheaper is the best !
(traduction pour les plus nuls que moi : le moins cher est le meilleur !)
Voici la suite du récit de mes déplacements pro en Chine.
Etape du jour = CHENGDU, petite ville de 5 millions d’habitants, située à 1500 km de WUHAN, plein ouest dans les terres, province du SICHUAN (où il y a eu le fameux tremblement de terre en mai dernier)
Cheaper is the best est le mot d’ordre de tout chef de service chinois lorsqu’il s’agit de valider une demande de déplacement. Cela peut se traduire de différentes façons. Certains services obligent les employés à prendre le train. D’autres permettent de prendre l’avion à condition que l’employé trouve un vol à tarif raisonnable.
Pour ce déplacement, 3 chinois + 3 français constituaient notre groupe. Tous n’étant pas du même service, il a fallu que chaque chinois négocie avec son chef de service : 2 d’entre eux ont du prendre le train et le dernier a eu droit de nous accompagner en avion. Evidemment, nous (français) prenons l’avion et, dans la mesure du possible, nous choisissons le même vol et (dans la mesure de l’acceptable) le même hôtel.
Comme « cheaper is the best », nous sommes partis avec le dernier vol de la journée à 21H30 (atterrissage à destination à 22H45) et sommes rentrés le lendemain avec un vol de 22H30 (couché à 1H30 !)... Autant vous dire que pour la visite de Chengdu, il faudra que l’on prévoie des vacances avec Léa !...
Par contre, 2 collègues qui ont été obligés de prendre le train, ont pu voir du pays !... Départ mardi soir à 17H30, arrivée prévue le lendemain à 14H30… (à ce stade de l’histoire, il est important de préciser que le déplacement se déroulait un JEUDI !...) Et, pour le retour, départ le vendredi soir et arrivée samedi en milieu d’après-midi…
Comme quoi, le temps en Chine ne coûte pas cher : 3,5 jours d’absence du bureau pour 1 journée « productive »… et les employés sont dociles : après 4 nuits passées en dehors du foyer familial, ils acceptent de plomber sérieusement leur WE !
En fait, le voyage aller en train s’est avéré légèrement plus long que prévu. En fin de matinée, après une nuit passée dans le train, celui-ci s’est arrêté dans la pampa pendant plus de 2 heures… le tremblement de terre a laissé quelques séquelles dans la région… on leur a même annoncé que, s’il n’était pas possible de redémarrer en début d’AM, le train ferait marche arrière avec un retour à Wuhan ! Imaginez : départ mardi soir et retour jeudi AM avec 2 nuits passées dans le train… Tout ça pour rien puisqu’ils n’auraient même pas approché Chengdu !... Finalement le train est reparti pour arriver vers 18H, soit plus de 24 heures de trajet !
Nous concernant, départ de l’usine vers 18H30 (pour un avion à 21H30)… et il a fallu négocier dur pour ne pas partir avant 18H !...
Le chinois n’est jamais en retard !... arriver à l’heure, c’est quasiment être en retard ! c’est assez impressionnant et, quelquefois, ça donne des complexes.
A chaque fois que nous avons pris le train, l’avion et le bus, nous sommes toujours partis pile à l’heure prévue !... une fois, avec le train, nous sommes même partis en avance !... Précision : en Chine, quel que soit le moyen de transport en groupe, il y a toujours un check-in !... on sait exactement qui doit être présent et donc combien de personnes ! et quand tout le monde est là, on part !
Au boulot, ceux qui me connaissent un peu savent que je ne suis pas un modèle de ponctualité. J’appelle cela la gestion des priorités... d’autres, du retard ! Depuis que je suis à Wuhan, lorsque je vois que j’ai 20 minutes de retard et que je n’étais pas l’organisateur de la réunion, je ne me déplace même plus ! il y a une chance sur deux que la réunion soit finie car écourtée.
Et lorsque je suis pilote de réunion ou que ma présence est absolument nécessaire, je reçois un coup de fil toutes les minutes de la part de mes collègues chinois jusqu’à ce que j’y sois !... c’est fatiguant !
Donc arrivée comme prévue à Chengdu, transfert avec chauffeur organisé par le fournisseur et nuit à l’hôtel sans surprise. Lendemain matin, petit-déjeuner plutôt pas mal pour un hôtel chinois. C’est-à-dire qu’il y avait autre chose que des nouilles sautées, des bols d’une sorte de soupe de riz gluant dont les chinois raffolent au petit-dèj’, des haricots hyper pimentés, des œufs cuits durs dans une sorte de bouillon qui les rendent noirs même à l’intérieur, des petits pains fourrés de choses indéfinissables et bien dégueu !... ça a une belle tête de l’extérieure, donc un novice le croque à pleines dents et là, surprise !... présence d’une sorte de morceaux de poisson pourri ou d’une crème marron dont on se sait pas si elle est sucrée ou salée.
Ce matin-là, il y avait bien sûr de tout ça mais aussi du pain de mie, des œufs sur plats et des fruits frais. La journée commençait bien et s’est poursuivie normalement jusqu’au soir.
Je vais vous épargner les 11H de réunions en chinois et en anglais (pas d’interprète pour cette fois !)… en fait, la liaison entre tout le monde se faisait via un collègue chinois et moi dont les niveaux d’anglais sont à peu près équivalents !... c’est dire comme on partait avec un sérieux handicap’ si on avait voulu faire une compet’ de la réunion la plus productive du monde !
Le soir, avant de prendre l’avion, le fournisseur nous a proposé de dîner ensemble.
En Chine, pour se rendre vraiment compte des habitudes culinaires de chaque province, le mieux est de tester la « cuisine de rue ». Au début, ça fait un peu bizarre et une fois que l’on a essayé, que l’on a trouvé ça bon et, surtout, que l’on a pas été malade, on a même envie de recommencer !... Cela consiste à s’installer autour d’une table posée sur un trottoir ou une place publique et « déguster » des plats élaborés devant vous à l’extérieur ou dans une petite remise.
Nous avons donc demandé à tester celle de Chengdu… ça tombait bien puisqu’il y en avait plein juste devant l’usine… nous nous installons autour d’une table avec un trou en son milieu. Quelque chose est commandé sans que nous soyons consultés. La seule chose pour laquelle nous avons été sollicité, a été la boisson : facile, on commande toujours des bières !... et ça discute alternativement en anglais (avec nous) et en chinois (sans nous)… tout à coup, une énorme bassine pleine d’un jus noirâtre arrive et est posée dans le trou au milieu de la table. Distribution de baguettes et c’est parti !... il s’agissait d’un poisson coupé en morceaux avec plein de légumes et du TOFU… seul aliment chinois qui peut s’apparenter au fromage puisqu’il s’agit de mini blocs blancs et mous fabriqués à base de lait de soja fermenté… la ressemblance avec le fromage ne s’arrête pas là : en général, ça pue !... surtout quand il est frit !... Nous voilà donc en train de plonger nos baguettes dans le récipient en essayant de repêcher quelque chose au hasard… pas mauvais !... quand même un peu relevé : normal puisque la cuisine sichuanaise est réputée pour être pimentée… A la grande surprise générale, les campei (appel d’un convive à boire son verre cul-sec) sont lancés par les français… à la bière, c’est un peu facile pour nous !... après 3 verres d’une 10aine de cl de bière vraiment très légère (moins de 4°), voilà dans quel état est un chinois :
En même temps, il est un peu plus rouge que la normale et s'exprime par sons un peu plus fort qu'à l'habitude mais la façon de manger (et surtout de cracher) est assez classique !...