Voyage dans le Yunnan - 1ère partie
Me voilà de retour sur le blog après une bien longue absence … et pour cause ! Nous étions de nouveau en vadrouille. 10 jours de vacances dans la fabuleuse région du Yunnan située au sud-ouest de la Chine. La particularité de cette région consiste en la grande variété de ses paysages et de ses habitants ! C’est une des régions de Chine qui regroupe le plus de minorités ethniques différentes. Cela implique des coutumes, des façons de se vêtir, de se comporter, très différentes. C’est parti pour la découverte !
Le samedi 28 septembre 2008 :
Mon frère est à Wuhan depuis hier … et nous profitons de la matinée pour aller faire un tour au grand bazar de Wuhan. Pendant ce temps, Thibaut travaille, bouclant les dernières urgence (et oui, encore un samedi travaillé). Notre avion décolle à 18h45 pour atterrir à Kunming (capitale de la province du Yunnan) 2 heures plus tard.
1ère nuit à l’hôtel avant d’entamer nos visites.
Le dimanche 29 septembre 2008 :

Nous sommes à 1890 mètres d’altitude ! Encore une « petite » ville chinoise de plus d’1 million d’habitants …
Pour commencer, direction les pagodes de l’Est et de l’Ouest, distantes de quelques centaines de mètres : oui, rassurez-vous nous n’avons pas eu à traverser la ville d’Ouest en Est pour les visiter !

Enfin, les « visiter » est un bien grand mot car elles ne sont pas du tout visitables ! Juste observables. Alors observons.
ci-contre, à gauche, une place dans le centre ville de Kunming, toujours ce mélange de modernité et de tradition ....
Nous en profitons pour flâner dans le centre ville avant de nous diriger vers le temple Yuantong.


Rien d’extraordinaire dans ce temple si ce n’est le petit restaurant végétarien dans lequel nous avons déjeuné après notre visite. Un délice ! Et surtout une imitation extraordinaire tant au niveau du goût que de l’aspect de tous les « faux plats à la viande ». Les chinois sont vraiment les champions de la copie !.
Nous faisons une petite promenade digestive dans le parc du lac vert … on dirait que tous les retraités de Kunming s’y sont donné rendez-vous ! Ils dorment, jouent, discutent ou dansent !
Coup de bol, nous trouvons rapidement un chauffeur de taxi qui accepte de nous conduire pendant toute l’après-midi.
Nous partons donc vers le temple des bambous situé à l’extérieur de la ville, à une vingtaine de kilomètres.
Visite très agréable : il n’y a personne et le calme règne (chose rare !).
40 minutes plus tard nous nous décidons à repartir mais … le taxi a disparu ! Et nous voilà bloqués … les taxis étant rares dans le coin.
Par chance nous apercevons un minibus auquel nous faisons signe. Nous embarquons : à l’intérieur il n’y a que des vieilles dames, pour la plupart en habits traditionnels. Elles semblent ravies de nous voir monter. Mais le bus a à peine fait quelques mètres que j’aperçois notre taxi, garé sur le bas côté, en train de laver sa voiture dans le caniveau. Voilà donc où il s’était caché ! Je pousse un cri pour arrêter le bus (pas besoin de savoir parler chinois pour ça) et nous descendons, à la grande déception des autres passagers qui pensaient avoir trouvé en nous une animation pour le reste du trajet.
Nous nous dirigeons maintenant vers le musée des ethnies de Kunming, bonne introduction à notre voyage placé sous le signe de la diversité. Nous ne pouvons malheureusement pas trop nous attarder … et oui, le musée ferme à 16h30 !
Retour à l’hôtel. Nous décidons de profiter du début de soirée pour aller nous faire faire un petit massage. Ca tombe bien, un établissement est situé juste à côté de notre hôtel. Ce sera une première pour Guilhem. Et je pense qu’il n’est pas prêt de l’oublier … Nous arrivons donc à l’accueil du salon de massage. Un homme nous accueille. Il ressemble plus à un gardien qu’à un réceptionniste mais bon. Nous expliquons donc que nous voulons chacun un massage à l’huile. Il nous installe dans 2 pièces : Thibaut et Guilhem ensemble, moi seule. Les deux salles communiquent par une petite fenêtre et nous pouvons donc nous faire de petits signes. Jusque là tout va bien. Je fais donc de petits signes à « mes hommes », quand soudain je vois deux chinoises débarquer dans leur pièce. Et pas des chinoises en blouse blanche de masseuses. Non non, des chinoises en mini-jupe, avec la poitrine débordant de leur débardeur trop petit. Oulàlàlàlàlàlà, tout ça ne me semble pas très catholique. Je me rue dans leur pièce et les chinoises semblent très très surprises de me voir débarquer ! Tu m’étonnes ! Elles sont maquillées et parfumées à outrance. Et dans mon plus beau chinois, je leur demande qui elles sont, je leur explique que les hommes étendus devant elles sont mon mari et mon frère et qu’elles ont intérêt à faire attention à la façon dont elles vont masser mon mari ! C’est bizarre, ce que je leur dis ne semble pas leur convenir … elles repartent donc chercher l’homme qui nous a accueilli. Discussion animée entre eux en chinois. Finalement, il m’explique qu’il n’y a pas de problème et qu’il ne faut pas que je m’inquiète. Pas vraiment rassurée je retourne dans ma salle, surveillant d’un œil la salle d’à côté.
Soudain je vois l’homme de la réception débarquer dans ma pièce, son trousseau de clé de gardien accroché à sa ceinture. Mais qu’est-ce qu’il veut encore ? Il me dit de m’allonger sur le ventre. Je m’exécute. Et il commence à me masser le dos à travers les habits, de façon très vigoureuse ! Tiens donc ! Voilà qu’il est masseur maintenant ! Notre gardien était multi-fonction et nous l’ignorions ! Soudain il me demande de me déshabiller. Oui oui, vous avez bien entendu, il me demande d’enlever mon t-shirt ET mon soutien gorge pour faire le massage à l’huile. LE MALADE ! Plus qu’énervée, je me lève et commence à lui dire qu’il est hors de question que je me déshabille et hors de question qu’il continue à me masser, que je veux une vraie masseuse, et une femme, pas un homme, et que c’est scandaleux et blablablabla. Il disparaît alors … et 2 minutes plus tard la chinoise qui massait Thibaut apparaît. Intriguée, je regarde par la fenêtre et je vois mon masseur en train de masser Thibaut. Hihihihi, mon mari y a perdu au change ! La masseuse comment par m’expliquer qu’elle a juste massé le dos de Thibaut, rien d’autre. Encore heureux ! Elle commence donc mon massage. Mais 20 minutes plus tard, Thibaut débarque dans ma salle. Surprise, je lui demande ce qu’il se passe (notre massage devait durer 1h). Il m’explique qu’il en avait ras le bol d’être massé par le gardien qui n’y connaissait en fait pas grand chose en massages et qui lui faisait plus mal qu’autre chose. Et il a laissé un Guilhem pas vraiment rassuré, seul dans la salle avec l’autre chinoise. Il avait raison d’être inquiet … son massage est rapidement devenu plus insistant, tentant d’accéder à certaines zones défendues. Mais Guilhem l’a rapidement remise en place. Les pauvres chinoises n’ont rien du comprendre à ce qu’on voulait et à ce qu’on venait faire ici. Comme quoi, il faut toujours faire attention aux salons de massage dans lesquels on va ! Mieux vaut être conseillé avant de tenter quoi que ce soit …sauf si vous aimez les surprises bien sûr !
Le lundi 29 septembre 2008 :
Ce matin, nous avons rendez-vous à 9 heures avec celui qui sera notre chauffeur pendant 4 jours.
Une copine de Wuhan m’avait donné ses coordonnées et avant de partir j’avais donc tout arrangé avec lui pour qu’il nous conduise à travers le sud du Yunnan.
Il arrive dans un petit van et c’est parti pour 1h30 de route avant d’arriver à notre première étape de la journée : Shilin ! 
Ce lieu est célèbre pour sa forêt de pierre.
C’est un imposant ensemble de pitons de calcaire gris, modelés au fil des ans par le vent et la pluie.
Le plus haut d’entre eux atteint 30 mètres !
Nous déambulons dans ce labyrinthe de pierre et quittons les sentiers les plus empruntés pour nous perdre au milieu de ces immenses stèles.




Nous avons même la chance s'assister à un petit spectacle de danse traditionnelle par des Yi (minorité ethnique). En avant pour la vidéo ! (il suffit de cliquer sur l'image ci-dessous)

Petite question subsidiaire avant de quitter Shilin.
Que fait cet homme, accessoirement employé dans la "forêt de pierre" ? (photo à droite)
Le concours est lancé.
Nous finissons par retrouver notre guide avec lequel nous déjeunons. C’est le roi de la négociation ! Il discute impitoyablement le prix de notre repas avec les propriétaires de la petite gargote dans laquelle nous mangeons. C’est bien, ça me fait des vacances. Enfin, un semblant de vacances … Notre chauffeur est très sympa et surtout il adore parler. Evidemment il ne parle que chinois (même s’il connaît 2 ou 3 mots en français). Je m’efforce donc à lui faire la conversation. Dur dur ! Et surtout épuisant !
La route est longue pour nous rendre à notre ville-étape : Mengzi. Elle est d’autant plus longue que nous nous retrouvons dans un embouteillage en pleine campagne. La route étant complètement défoncée, nous en déduisons qu’un « têtard » (dixit Thibaut), a eu un accident. Les chinois bloqués là ne montrent aucun signe d’impatience. Ils sortent de leurs voitures et commencent à papoter tranquillement.
Enfin au bout d’une heure, les choses semblent se débloquer. Il faut dire qu’en Chine cela peut prendre un peu de temps. Par exemple, si un véhicule est arrêté au bord de la route, les autres ne vont pas hésiter à le dépasser en utilisant la voie d’en face. Là où ça pose problème c’est quand il se passe la même chose de l’autre côté. On se retrouve alors avec des voitures dans les deux sens, des deux côtés. Problématique n’est-ce pas ? Mais notre embouteillage finit par se résorber tout doucement, sans que nous ne puissions en connaître la cause exacte.

La petite famille part en vadrouille.
Juste, à côté, une voiture de police ....
Nous arrivons enfin à Mengzi. Le chauffeur a un peu de mal à trouver l’hôtel que j’avais réservé … mais nous finissons par y arriver, vers 19 heures. C’est un 5 étoiles ! Un luxe appréciable (et à prix défiants toute concurrence !) avant notre séjour au milieu des rizières. Mengzi est une ancienne concession française et nous remarquons de nombreux bâtiments d’architecture typiquement française en nous baladant le soir. La ville est très proprette est semble vraiment agréable à vivre. Nous dînons en terrasse au bord d’un grand lac … la température est idéale. Voilà nous sommes en vacances.
Le mardi 30 septembre 2008 :
Encore de la route aujourd’hui. Nous nous dirigeons toujours plus au sud.
Je demande à notre chauffeur de pas hésiter à s’arrêter si, par hasard, il connaît des villages typiques à visiter, pendant notre trajet.
Voulant me faire plaisir, il nous arrête après 3 heures de route.
Si l’on regarde la nature autour du village, c’est effectivement très beau.
Les collines sont complètement modelées par la main de l’homme et des rizières en terrasse s’alignent devant nous.

Par contre le village … la pauvreté des gens saute aux yeux.
On a vraiment l’impression qu’ils vivent à une autre époque, par rapport aux chinois que nous côtoyons à Wuhan.
Ils semblent s’être organisés de façon à vivre en autarcie. Il y a des animaux partout dans les petites rues qui ne sont visiblement que très rarement nettoyées …
Nous croisons quelques buffles, montant paresseusement la garde devant les maisons.
Notre chauffeur qui nous guide à travers le village, nous expliquant qu’ici la plupart des habitations ont souffert du tremblement de terre. Trop vieilles et vétustes, elles ont été bien ébranlées.
Nous observons alors les raccommodages de fortune effectués par les habitants …



Le pire ? Les toilettes.
Nous avions déjà expérimenté les toilettes à la chinoise : pas de porte, une simple rigole au-dessus de laquelle il faut s’accroupir, mais ces toilettes là étaient dans un état de saleté incroyable.
Sans doute un gros manque de moyen pour l’entretien …

Et c’est reparti pour 2 heures de route !
Non pas que nous faisions beaucoup de kilomètres, mais les routes sont vraiment en mauvais état !
Nous arrivons enfin à Yuanyang ...
Pendant que notre chauffeur se repose nous partons explorer la petite ville.

La minorité ethnique présente ici s’appelle les Hani (prononcer « Rani »).
Les dames, pour la plupart en costume traditionnel, sont vraiment belles !
Certains travaillent et s’occupent de vendre leurs fruits et légumes, d’autres dorment à l’ombre sur la place principale (ou même dans leur magasin!), d’autres encore jouent (et oui toujours).

Pour la première fois depuis notre arrivée en Chine, nous voyons un chien se faire dépecer par un chinois.
Écœurant pour nous, occidentaux.
C’est, paraît-il, un met de choix, rare et très cher dans cette région.
Nous grimpons ensuite jusqu’à un temple où une dame nous accueille. Je ne comprends strictement rien à ce qu’elle nous raconte. Mais visiblement contente d’avoir des visiteurs, elle nous ouvre toutes les portes ! Elle se déplace péniblement d’un bâtiment à l’autre … et pour couronner le tout, elle est prise d’une crise de hoquet (se transformant en beaux rots la plupart du temps). Nous la suivons donc un peu partout (nous formons ainsi un curieux cortège : elle, hoquetant, rotant et boitant, nous, riant, hésitant et la suivant tout doucement). Elle nous conduit ensuite dans ce qui ressemble à une petite cantine. Elle me tend une pomme. Je ne sais que faire. Pas vraiment faim en plus. Je la prends malgré tout et m’apprête à lui donner de l’argent … qu’elle refuse ! Et elle commence à me charger les bras de pommes et bananes. Je suis vraiment gênée ! Cette dame qui n’a rien, me donne tout ce qu’elle a ! Elle retourne ensuite vaquer à ses broderies. Nous comprenons qu’il est maintenant temps pour nous de la laisser tranquille.
Nous retournons donc retrouver notre chauffeur. Il nous conduit alors à travers la campagne et un paysage fantastique apparaît devant nos yeux. Des rizières en terrasse s’étagent sur environ 12500 hectares ! La vue est époustouflante. Pourtant il paraît que nous ne sommes par à la meilleure période pour les observer : à partir de février et jusqu’à mai, les jeux de lumière transforment les terrasses en bassins gorgés d’eau dorés, argentés et rouges. En ce moment nous sommes plutôt dans les couleurs d’automne et les rizières sont à sec pour la plupart mais il n’empêche que nous en prenons plein les yeux malgré tout !!!






Le soir nous dînons à notre hôtel et nous rencontrons un couple de français d’une cinquantaine d’année. Quelle hasard de trouver des compatriotes dans ce petit village du fin fond de la Chine !
Nous échangeons quelques mots et apprenons qu’ils sont également expatriés en Chine …
Nous clôturons notre dîner par un VRAI café !
Ils en produisent un peu dans la région et c’est un bonheur d’y goûter !